Article 178

Article 178



L'amour est la seule chose dont on n'a jamais assez.

Et la seule qu'on ne donne pas suffisamment.


[Henry Millet]

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 08:42

Article 177

Article 177


L'automne


Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

Lamartine

# Posté le lundi 21 septembre 2009 13:57

Article 176

Article 176
L'enfance

Qu'ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l'essor,
On n'a pas besoin des sciences,
Lorsque l'on vit dans l'âge d'or !
Mon coeur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n'en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?
Nous sommes loin de l'heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.

Gérard de Nerval, Poésies de jeunesse

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 09:33

Article 175

Article 175
LA RENTREE DES CLASSES


Septembre, c'est le mois de la rentrée des classes
Ces petits bouts des maternelles sèchent leurs larmes
Les mamans émues calment le jeu, se surpassent
Les prennent dans leurs bras, personne ne désarme.
Mais l'institutrice rassurante les entoure
A ses petits élèves, elle donnera l'amour.

Les enfants des primaires ont chargé leur cartable
Livres et cahiers leur seront distribués
Ils vont retrouver leurs chers amis durables
De nouveaux instituteurs, des cours avancés.

Les adolescents seront pour le secondaire
Fardes sous le bras pour entamer cette année
Jeunes gens, jeunes filles, prenez le nécessaire
Pour comprendre les cours et réussir d'emblée.

Puis l'Université sera pour votre avenir
Avant de trouver l'emploi, vous devrez choisir
Apprendre toujours plus et puis vous affranchir
Afin que vous puissiez bien sûr vous découvrir
En parcourant votre vie, vous épanouir !

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 06:46

Article 174

Article 174



En écoutant chanter la princesse


Tu chantes, jeune fille.
Ton père, c'est le roi.
Autour de toi tout brille,
Mais tout soupire en toi.

Pense, mais sans rien dire ;
Aimer t'est défendu ;
Doux être, ton sourire
En naissant s'est perdu.

Tu te sens épousée
Par une main qui sort
Inconnue et glacée
De cette ombre, le sort.

Ton c½ur, triste et sans ailes,
Est dans ce gouffre noir
À des profondeurs telles
Que tu ne peux l'avoir.

Tu n'es qu'altesse encore,
Tu seras majesté.
Bien qu'un reflet d'aurore
Sur ton front soit resté,

Enfant chère aux armées,
Déjà nous te voyons
Dans toutes les fumées
Et dans tous les rayons.

Ton parrain est le pape ;
Vierge, il t'a dit : Ave !
Quand tu passes, on frappe
Des piques le pavé.

Comme Dieu l'on t'encense ;
Toi-même as le frisson
De la toute-puissance
Mêlée à ta chanson.

De vieux légionnaires
Te gardent, fiers, soumis ;
Et l'on voit des tonnerres
À ta porte endormis.

Autour de toi se creuse
L'éclatant sort des rois.
Tu serais plus heureuse
Fauvette dans les bois.


Victor Hugo

# Posté le jeudi 27 août 2009 11:37